Méthodologie – Le commentaire de texte au Baccalauréat

Cet exercice n’est vraiment pas sorcier, à condition de bien respecter quelques règles de forme et de fond. Sans prétention aucune, car c’est avant tout une épreuve technique, je pense qu’en suivant les conseils qui vont suivre vous pourrez facilement décrocher la moyenne.

Commencez par lire le texte une première fois, sans rien souligner, juste afin de se familiariser avec le style de l’auteur et commencer à identifier quel est le THEME de l’extrait. J’entends par thème, le sujet que l’auteur a décidé d’aborder. Les textes proposés ont toujours un rapport avec un thème philosophique telles que la politique, la société, la conscience, l’histoire, etc. Il s’agit de ne pas confondre le thème du texte avec la THESE de l’auteur. Le thème est le problème philosophique que va traiter l’extrait, la thèse est la manière dont l’auteur va tenter d’y répondre.

Par exemple, si vous tombez sur un texte de Freud où celui-ci parle du problème de l’inconscient dans la manière dont on pense, le thème sera la CONSCIENCE, la thèse sera : quelle est l’influence de l’inconscient sur notre comportement conscient ?

Une fois que vous voyez à peu près de quoi parle l’auteur, vous pouvez relire une deuxième fois le texte en tachant de bien identifier la DEMONSTRATION de l’auteur. Autrement dit, il s’agit de voir comment l’auteur de l’extrait va développer des arguments pour étayer sa thèse. Cette démonstration est souvent en plusieurs étapes. Lors de cette deuxième lecture, il faut être capable de repérer les différentes phases et de les marquer au stylo par des coupures entre les phrases. Il ne faut pas généraliser, mais il est très probable que le texte sur lequel vous tomberez au BAC ait TROIS parties. Ce n’est pas toujours le cas, attention, mais les raisonnements en trois temps sont souvent les plus efficaces. Bien identifier ces différentes phases est essentiel car c’est à partir d’elles que vous construirez votre plan, nous y reviendrons.

Après ces deux lectures, je vous conseille d’en faire une troisième, plus minutieuse, afin de souligner tous les termes ou mots qu’il va falloir que vous expliquiez dans votre développement. Attention à ne pas tout souligner, faites un travail d’analyse à mi-chemin entre la philosophie et le français. Par exemple, si vous voyez un terme tel que « société », « altruisme », « contrat social », « esprit », « savoir », soyez sûr qu’il va falloir qu’à un moment vous disiez ce que l’auteur entend par là. Donc soulignez ces termes, même si vous n’êtes pas encore sûr de la manière dont vous allez les définir. Prêtez également attention aux répétitions. Si vous avez par exemple plusieurs fois le mot « souffrir » sous différentes formes, conjuguées ou pas (souffrance, souffre, etc.) n’hésitez pas à le signaler. Mais nous reviendrons sur le développement. Concentrons-nous d’abord sur l’introduction.

INTRODUCTION

Après avoir fait ces trois lectures, vous pouvez commencer à rédiger votre introduction. Celle-ci doit comporter trois éléments :

– Tout d’abord, le THEME du texte, comme j’expliquais plus haut : sur quel concept ou problème philosophique l’auteur a décidé de se pencher. C’est aussi le moment, de montrer que vous connaissez l’auteur (si c’est le cas, sinon ne vous risquez pas à faire des spéculations, ne pas connaitre l’auteur n’est en rien rédhibitoire dans un commentaire de texte) en disant par exemple que c’est un thème de prédilection pour ce philosophe. Ne vous étendez pas non plus, ce n’est pas le but de l’introduction.

– Dans un deuxième temps, il va falloir montrer que vous avez compris COMMENT l’auteur a décidé de répondre à ce THEME : il s’agit de la THESE. Vous avez le choix entre la formuler sous la forme d’une question ou bien d’une phrase bien construite. Pour reprendre l’exemple ci-dessus, un texte de Freud sur l’inconscient, la thèse sera : Dans quelle mesure l’inconscient peut nous permettre de mieux comprendre les comportements conscients des individus ? Cette partie de l’introduction est très importante car elle va annoncer comment vous avez perçu l’argumentaire de l’auteur.

– Dans un dernier temps, il va falloir exposer quels sont d’après vous les axes du texte, qui sont autant de temps dans la démonstration de l’auteur qui tâche de répondre à la thèse identifiée en amont. Cette ANNONCE DE PLAN doit être concise, une phrase par partie.

Ces trois éléments, s’ils sont bien exposés, permettront à votre correcteur de voir que vous avez compris le texte dans ses grandes lignes.

Deux consignes pour terminer sur l’introduction :

PAS DE FAUTES ! Autant des fautes dans votre développement seront pardonnées, autant des fautes dans l’introduction donne tout de suite un a priori négatif au correcteur. N’oubliez pas que vous serez lu ! Donc, s’il n’y a qu’une seule chose à relire (même avant d’attaquer votre développement), c’est l’introduction.

– Attention à la FORME : Majuscule en début de phrase, pas de ratures, essayez d’écrire de manière lisible. Une chose sur laquelle je suis un tatillon (mes élèves en témoigneront) : L’ALINEA (le fait de décaler d’un centimètre le début d’une phrase de la marge) N’EST PAS FACULTATIF. Ne l’oubliez pas à chaque fois que vous revenez à la ligne. Non seulement ne pas le mettre est une erreur de français mais c’est surtout qu’il permet de mieux lire et voir le découpage de votre copie. Une page sans alinéa est un supplice pour le correcteur. Pensez qu’il a des dizaines de copies à corriger, alors une copie claire dans la forme sera forcément mieux notée même si le fond ne casse pas les briques !

DÉVELOPPEMENT

Après avoir fait votre introduction, vous pouvez commencer votre développement. Celui-ci devra suivre les axes que vous avez identifiés. Il ne faut pas hésiter à rappeler comment vous avez découpé le texte, notamment par des citations. Quelques règles à respecter :

– Un paragraphe doit se construire en trois temps : une phrase essaie de résumer l’idée de l’auteur. Ensuite, grâce à une ou deux citations (courtes, pas de recopiage de phrases entières) vous illustrez comment l’auteur défend cette idée. Enfin, la dernière phrase de votre paragraphe doit faire comprendre comment cette idée et sa démonstration s’articule avec la suite du texte et de l’argumentaire. Cette dernière phrase de transition est souvent appréciée du correcteur qui ne lit généralement que la première et la dernière phrase d’un paragraphe (et survole le reste).

– Un classique : PAS DE PARAPHRASE. C’est souvent le piège le plus difficile à éviter. J’ai deux conseils à vous donner pour l’éviter. 1/ N’hésitez pas à faire des citations (en référençant la ligne dans le texte), pas trop longues mais il vaut mieux utiliser un mot de l’auteur plutôt qu’essayer de dire la même chose que lui (en plus mal, forcément…). 2/ Focalisez-vous sur les DÉFINITIONS. Si vous avez du mal à ne pas redire ce que dit l’auteur, faites comment vous faisiez en français. Prenez les termes et donnez-leur une définition personnelle, montrez que vous vous posez la question « pourquoi ce mot ou cette expression plutôt qu’une autre ? » Même si ce n’est pas brillant, ce sera apprécié du correcteur.

– Dernière chose : surtout, surtout, surtout, ne parlez pas d’autres auteurs. Je sais que dans certains cas, vous en mourrez d’envie mais ce n’est absolument pas l’enjeu du commentaire de texte. Attachez-vous à décrire l’argumentaire de l’auteur, n’utilisez pas ses arguments pour disserter. C’est un casus belli pour le correcteur qui vous mettra forcément en-dessous de la moyenne (malgré le niveau général de votre copie).

PARTIE CRITIQUE (FACULTATIVE)

Si vous voulez montrer que le texte a fait tilt avec des choses que vous savez, attendez de terminer le commentaire du texte, et faites une autre partie, appelée CRITIQUE. Elle vient après que vous ayez décrit le texte et avant la conclusion. Elle n’a pas forcément besoin d’être annoncée en introduction. Enfin, elle ne doit SURTOUT PAS être plus longue que votre explication de texte. Elle se présente sous la forme de deux ou trois paragraphes (maximum) dans lesquels vous pouvez montrer que d’autres auteurs ont répondu différemment ou similairement au thème de ce texte. Cette partie critique doit être vue comme un bonus. Généralement, elle ne fera pas baisser votre note, à condition qu’elle soit la plus humble possible. Pas question de faire du « je recase mon cours », un fois de plus, ce n’est pas l’idée de l’exercice.

CONCLUSION

Certainement la chose la plus inutile de votre copie, elle doit être d’une incroyable banalité. Trois ou quatre lignes maximum pour ne rien dire de révolutionnaire sur le texte. Si vous avez un commentaire sur l’auteur ou le texte et que vous n’avez pas fait de partie critique, vous pouvez le caser mais ce n’est pas recommandé. Certains puristes disent qu’un très bon commentaire de texte peut se passer de conclusion. Je vous conseille d’en faire une dans tous les cas mais n’oubliez pas qu’une bonne conclusion est une conclusion qui n’a qu’un seul et unique mérite : celui d’exister.

Bon courage pour le BAC ! Et n’hésitez pas à poser des questions sur cette méthode sur la page FB !

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4 commentaires pour Méthodologie – Le commentaire de texte au Baccalauréat

  1. Ameth dit :

    Voici ma vision de la méthode, qui rejoins aussi la votre, ceci pourrait vous intéresser,

    http://plumedamethyste.wordpress.com/category/methodes/la-philo-cest-rigolo/

    Bonne continuation !

  2. Theresa dit :

    Good article. I certainly love this website.
    Stick with it!

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