Introduction (rapide) au siècle des Lumières

Le XVIIIe siècle est un siècle particulier dans l’histoire des Idées. L’affaiblissement (relatif) des grandes monarchies européennes, notamment suite à des conflits inutiles et qui ont gaspillé les richesses des nations du continent, va provoquer l’émergence de nouvelles interrogations sur la société, la politique et donc sur l’Homme. Celles-ci vont être traitées par de nombreux penseurs se distinguant par leur capacité à synthétiser et à dépasser les enseignements apportés par la modernité philosophique.

Le premier et l’un des plus grands d’entre eux est Montesquieu. Avec son ouvrage colossal De l’esprit des lois, l’aristocrate, qui meurt en 1755, va repenser la politique par le prisme des expériences philosophiques révolutionnaires qui se sont développées depuis le XVIe siècle. Pour lui, plus question d’expliquer la politique (et son expression suprême : le droit) uniquement par des arguments théologiques. Le phénomène politique doit incarner des aspirations sociales et l’état d’esprit des peuples à un instant donné (d’où le titre de son ouvrage). L’esprit des lois n’est plus (pas) évident. Il n’est plus donné ni par les religions, ni par les rois. Montesquieu avait senti l’importance que le penseur doit porter à la définition de droits non plus en fonction de principes soi-disant universels et qui transcendent la société (qui lui sont donc extérieurs) mais en fonction des évolutions politiques et sociales du moment.

Dans le même mouvement philosophique, des penseurs tels qu’Helvétius ou Grotius vont s’atteler à montrer qu’au-delà des conjonctures culturelles, religieuses ou politiques, certains droits sont inaliénables, sont constitutifs de la nature de l’homme. C’est l’émergence de ce qu’on appellera les « droits naturels ». L’idée est que chaque individu doit pouvoir disposer de certains droits opposables aux pouvoirs politiques (quelles que soient leurs natures, divine, monarchique, autocratique, etc.). Ce n’est pas nécessairement en contradiction avec Montesquieu car ce-dernier n’était pas non plus dans le relativisme absolu, et son esprit des lois peut s’incarner dans la défense de ce que les juristes du XXe siècle appelleront les droits fondamentaux.

Ce moment de pensée juridique place l’individu au centre de la réflexion philosophique et politique. C’est une part essentielle de ce qu’on appellera les Lumières. Elle fut consacrée par la Tolérance en France (Voltaire) et au Royaume-Uni (Locke) et par le principe de majorité en Allemagne avec Kant (l’Homme doit se grandir lui-même par la réflexion qui lui permettra de défendre certains droits qui lui sont inaliénables, au nom d’une morale universelle issue de la Raison).

Au cœur des Lumières se trouve donc l’idée de libération des individus et des peuples, une idée qui va mettre quelques décennies à accoucher des grandes révolutions à la fois américaine et française, et les conséquences qu’on leur connait. Cette idée de liberté comme « guide » des peuples est certes centrale mais elle ne fait pas l’unanimité chez les penseurs de cette époque. Certains, tel que Rousseau, vont penser la politique avec un regard plus pessimiste sur la capacité des hommes et des femmes à faire face à leur responsabilité une fois libérés.

Pour cette raison, je vous invite à poursuivre la lecture de cet article (relativement court) avec celui sur : Rousseau ou à la marge des Lumières.

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