Une introduction historique à la Modernité

Avant d’aborder les auteurs de l’époque moderne, il me semble nécessaire à ce stade de faire un petit détour historique pour parler des événements qui ont marqué ce XVIe siècle qui a vu sur sa fin naître le premier philosophe « moderne », à savoir le célèbre René Descartes (1596-1650).

Le XVIe siècle est extraordinairement riche en événements politiques. Rappelons-nous de 1492, date à laquelle les Amériques sont découvertes mais aussi où l’Espagne est définitivement reconquise par les troupes Chrétiennes. Ce royaume de nouveau indépendant connaitra aux XVIe et XVIIe un véritable âge d’or, profitant notamment de sa domination des routes commerciales entre l’Europe et les Amériques et des mines en tout genre qu’il possède en Amérique du Sud, suite à des guerres sans merci avec les populations locales (Aztèques, etc.). En attendant, le reste de l’Europe, France, Angleterre, Allemagne et Italie, connait des bouleversements d’une rare violence. Prenons-les dans l’ordre :

– La France sort d’une guerre longue de plus de cent ans (1337-1453) avec l’Angleterre qui se termine par un match nul décevant pour les deux parties. Le pouvoir royal en sort néanmoins grandement renforcé, la plupart des vassaux ayant été soumis pendant le conflit. François Ier puis Henri IV incarnent une nouvelle génération de monarques qui concentrent entre leurs mains tous les pouvoirs et sur toute l’étendue du territoire français.

– L’Angleterre de son côté sort de la Guerre de Cent ans avec un goût amer envers l’Église catholique installée au Vatican. Elle amorce au XVIe siècle son détachement d’avec le pouvoir pontifical en déclarant l’Anglicanisme, un courant chrétien autonome et dont le monarque britannique est le leader spirituel (avec l’archevêque de Canterbury). Suite à ce « divorce », l’arrivée de la Réforme va renforcer les églises britanniques dans leur choix de se défaire de la tutelle de l’Église romaine.

– C’est l’Allemagne qui va être le plus durement touchée par la Réforme. Ce courant du christianisme va émerger avec la remise en cause du dogme catholique par deux penseurs, un français Calvin et un allemand Luther. Ils vont contester à la fois l’autorité papale dans sa dimension politique mais aussi vont proposer une lecture du Christianisme plus individualiste et plus défiante envers le sacerdoce (c’est-à-dire la hiérarchie ecclésiastique).

– Tout ceci nous amène donc à l’Italie, où se trouve le siège de l’Église depuis plus de quinze siècles désormais. Il se trouve qu’à cette époque le Vatican ressemble plus à une autorité politique facteur de désordre dans la péninsule parce qu’à la recherche de plus de pouvoir, qu’à une autorité spirituelle pleine de sagesse. La succession à partir de la fin du XIVe siècle de papes tous plus corrompus et assoiffés de pouvoir les uns que les autres participe à discréditer le Vatican (voir à ce sujet l’histoire de la famille Borgia). Par ailleurs, l’Italie connait une instabilité politique continue due à la multitude de villes-Etats incapables de s’unir, même contre un adversaire commun. L’Italie devient alors le terrain de lutte entre les grandes puissances européennes que sont l’Espagne, la France et même l’Empire ottoman –qui ne se prive pas avec son allié le pirate Barberousse, basé à Alger, de ravager les côtes siciliennes, sardes et corses. Il ne faut pas oublier cependant que l’Italie du XVIe siècle est aussi celle de la Renaissance, avec des artistes de renom qui vont initier l’art européen aux techniques modernes des jeux des couleurs et des perspectives (cf. Léonard de Vinci, Michel-Ange, etc.).

Ce rapide aperçu historique a pour but de montrer que le XVIe siècle est une époque tout à fait originale en Occident au regard des longs siècles de Moyen âge qui étaient certes actifs d’un point de vue des conflits, des assassinats et autres réjouissances politiques, mais qui d’un point de vue des idées étaient d’une certaine fadeur.

La modernité émerge aussi au XVIe siècle grâce à une certaine découverte scientifique qui va révolutionner notre manière d’appréhender le réel : le système héliocentrique décrit par Copernic (1473-1543). Ce que l’on a appelé la Révolution copernicienne va impacter profondément les savants de l’époque en montrant que la vision du monde soutenue par l’Eglise et par les anciens (Ptolémée en l’occurrence) était manifestement erronée. Une remise en question d’une telle ampleur va nécessairement en appeler d’autres. D’où l’apparition d’un Descartes et plus tard d’un Galilée ou d’un Newton.

Siècle moderne donc au sens où les rapports des hommes à la politique, à la science et aux réel en général va être bouleversé en profondeur. Nous verrons donc comme ces changements vont s’épanouir dans des courants et des auteurs qui vont tous chercher à concilier savoir des Anciens et des Modernes.

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